La Fédération Internationale du Diabète FID) est profondément préoccupée par la situation en Iran et dans les pays du Moyen-Orient suite à la récente escalade des tensions dans la région.
Nos pensées vont à toutes les personnes touchées par la crise actuelle. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos membres dans la région et nos partenaires afin de mieux comprendre comment la situation affecte les personnes atteintes de diabète.
Les conflits et les crises humanitaires peuvent gravement perturber l'accès à l'insuline et à d'autres médicaments, aux fournitures nécessaires à la surveillance de la glycémie, à l'électricité pour la réfrigération et au bon fonctionnement des établissements de santé. Pour les personnes atteintes de diabète, qui ont besoin d'un accès fiable aux médicaments et aux fournitures de surveillance, ces perturbations peuvent avoir de graves conséquences. Pour les personnes atteintes de diabète de type 1, qui dépendent d'un approvisionnement continu en insuline pour survivre, les interruptions dans l'accès aux soins peuvent rapidement mettre leur vie en danger.
Le FID Atlas du Diabète estime que plus de 35 millions de personnes vivent avec le diabète dans les pays touchés, dont plus de 900 000 atteintes de diabète de type 1. Rien qu'en Iran, on estime à 5,5 millions le nombre de personnes atteintes de diabète, dont 135 000 atteintes de diabète de type 1. Selon les estimations locales, le nombre total pourrait atteindre 8 millions.
L'accès aux soins de santé est un droit humain fondamental. Cela inclut l'accès aux informations médicales essentielles, aux outils de santé numériques et aux services de télémédecine. De nombreuses personnes atteintes de diabète dépendent de technologies connectées telles que les plateformes de surveillance numériques et les systèmes de surveillance continue du glucose pour gérer leur état de santé. Les restrictions qui limitent l'accès à Internet peuvent donc perturber directement les soins et l'autogestion du diabète.
Compte tenu de ces risques, des mesures urgentes sont nécessaires pour garantir l'accès aux soins du diabète pendant cette crise.
La Fédération Internationale du Diabète toutes les parties et les autorités compétentes des pays touchés à prendre immédiatement des mesures pour :
- Veiller à ce que les sanctions, restrictions et autres mesures n'entravent pas l'accès aux services de santé essentiels.
- Garantir un accès sûr et ininterrompu à l'insuline, aux médicaments hypoglycémiants, aux fournitures pour la surveillance de la glycémie et aux autres soins essentiels pour le diabète.
- Veiller à ce que les établissements de santé restent accessibles et capables de fournir des soins aux personnes atteintes de diabète pendant la crise.
- Maintenir des chaînes d'approvisionnement et de distribution d'électricité fiables, nécessaires au stockage et à la livraison de l'insuline et d'autres médicaments.
- Protéger l'accès à Internet et aux canaux de communication numériques qui permettent la télémédecine et la gestion à distance du diabète.
La protection de la santé et de la dignité des personnes atteintes de diabète et d'autres maladies chroniques en période de crise doit rester une priorité pour tous les gouvernements et toutes les autorités. Il s'agit à la fois d'une obligation humanitaire et d'un impératif de santé publique.
Nous continuerons à suivre de près cette situation en constante évolution grâce à nos membres et à nos contacts sur le terrain. Nous mettrons à jour cette déclaration si nécessaire.
Professeur Peter Schwarz
Président, Fédération Internationale du Diabète
Prof Mohamed Eltom
Président, FID et Afrique du Nord