La Fédération Internationale du Diabète FID) est profondément préoccupée par la situation en Iran et dans les pays du Moyen-Orient suite à l'escalade des tensions dans la région qui a débuté en février 2026.
Nos pensées vont à toutes les personnes touchées par la crise actuelle. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos membres dans la région et nos partenaires afin de mieux comprendre comment la situation affecte les personnes atteintes de diabète.
Les conflits et les crises humanitairespeuvent gravement perturber l'accès àl'insulineetà d'autres médicaments, aux fournitures nécessaires au contrôle de la glycémie, à l'électricité pour la réfrigération et au bon fonctionnement des établissements de santé. Pour les personnes atteintes de diabète, qui ont besoin d'un accès fiable aux médicaments et aux fournitures de contrôle, ces perturbations peuvent avoir de graves conséquences. Pour les personnes atteintes dediabète de type 1, dont la survie dépend d'un approvisionnement continu en insuline, toute interruption de l'accès aux soins peut rapidement mettre leur vie en danger.
Le FID Atlas du Diabète estime que plus de 35 millions de personnes vivent avec le diabète dans les pays concernés, dont plus de 900 000 atteintes de diabète de type 1. Rien qu’enIran, on estime à 5,5 millions le nombre de personnes atteintes de diabète, dont 135 000 atteintes de diabète de type 1. Selon des estimations locales, le nombre total pourrait atteindre 8 millions.
L'accès aux soins de santé est un droit humain fondamental. Cela inclut l'accès aux informations médicales essentielles, aux outils de santé numériques et aux services de télémédecine. De nombreuses personnes atteintes de diabète dépendent de technologies connectées telles que les plateformes de surveillance numériques et les systèmes de surveillance continue du glucose pour gérer leur état de santé. Les restrictions qui limitent l'accès à Internet peuvent donc perturber directement les soins et l'autogestion du diabète.
Compte tenu de ces risques, des mesures urgentes sont nécessaires pour garantir l'accès aux soins du diabète pendant cette crise.
La Fédération Internationale du Diabète toutes les parties et les autorités compétentes des pays touchés à prendre immédiatement des mesures pour :
- Veiller à ce que les sanctions, restrictions et autres mesures n'entravent pas l'accès aux services de santé essentiels.
- Garantir un accès sûr et ininterrompu à l'insuline, aux médicaments hypoglycémiants, aux fournitures pour la surveillance de la glycémie et aux autres soins essentiels pour le diabète.
- Veiller à ce que les établissements de santé restent accessibles et capables de fournir des soins aux personnes atteintes de diabète pendant la crise.
- Maintenir des chaînes d'approvisionnement et de distribution d'électricité fiables, nécessaires au stockage et à la livraison de l'insuline et d'autres médicaments.
- Protéger l'accès à Internet et aux canaux de communication numériques qui permettent la télémédecine et la gestion à distance du diabète.
La protection de la santé et de la dignité des personnes atteintes de diabète et d'autres maladies chroniques en période de crise doit rester une priorité pour tous les gouvernements et toutes les autorités. Il s'agit à la fois d'une obligation humanitaire et d'un impératif de santé publique.
Nous continuerons à suivre de près cette situation en constante évolution grâce à nos membres et à nos contacts sur le terrain. Nous mettrons à jour cette déclaration si nécessaire.
Professeur Peter Schwarz
Président, Fédération Internationale du Diabète
Prof Mohamed Eltom
Président, FID et Afrique du Nord
Témoignages de personnes atteintes de diabète sur leur expérience pendant ce conflit
Vivre avec un diabète de type 1 au Liban pendant cette crise a été un fardeau écrasant. Il ne s’agit plus seulement de gérer ma glycémie, mais de vivre constamment dans la crainte de tous les scénarios possibles, y compris la mort. Cette peur est toujours présente dans un coin de ma tête : et si quelque chose arrivait et que je ne pouvais pas me procurer d’insuline ? Et si je ne pouvais pas me rendre à l’hôpital ? Et si j’étais seule ? Avant que la situation ne s’aggrave, ma vie était structurée et avait un sens. En tant qu’étudiante à l’université, j’avais une routine. Je me réveillais, je prenais un café et je commençais ma journée en travaillant sur des projets liés au diabète, une cause à laquelle je suis profondément attachée et que je considère comme ma mission. Parallèlement, je conciliais mes responsabilités universitaires, en préparant des dissertations et des devoirs, et en essayant de me construire un avenir. Malgré les défis liés au fait de vivre avec un DT1, j’avais un sens de l’orientation, de la stabilité et de l’espoir.
Mais tout a basculé en un instant. Lorsque les premiers coups de feu ont retenti, mon frère et moi avons dû fuir notre appartement en ville et retourner dans notre village. Notre vie s’est arrêtée brusquement, sans crier gare. Tout ce que nous avions construit – nos habitudes, nos projets, notre sentiment de normalité – a été mis en suspens. Vivre avec le diabète dans de telles conditions ajoute une source de stress supplémentaire difficile à décrire. L’accès aux médicaments, à une alimentation adéquate et même à une stabilité élémentaire devient incertain. Ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est le poids émotionnel. Beaucoup de mes amis les plus proches, les personnes avec lesquelles je partageais mon quotidien, ont quitté le pays. On se sent isolé, déconnecté et laissé pour compte dans un endroit qui n’est plus le même. Le réseau de soutien sur lequel on comptait n’est plus physiquement là. L’impact sur la santé mentale est réel et lourd. L’anxiété, la peur et le fait de trop réfléchir en permanence font désormais partie de notre quotidien.
Vous ne vous contentez plus de gérer votre diabète : vous devez désormais faire face à la fois à la survie, à l’incertitude et au deuil. Vivre avec un DT1 au Liban aujourd’hui, c’est porter un fardeau à la fois physique et émotionnel. C’est une question de résilience, mais aussi d’épuisement. Et il est important que les gens comprennent que derrière chaque personne atteinte de diabète en situation de crise, il y a une histoire comme celle-ci, faite de peur, de bouleversements et de lutte pour continuer malgré tout.
En période de crise, la gestion du diabète dépasse le simple cadre d’une routine quotidienne. Elle se transforme en un exercice d’équilibre permanent et épuisant, marqué par le stress, l’incertitude et la nécessité d’une vigilance sans relâche, en particulier lorsqu’on travaille en première ligne en tant qu’ambulancier. Il ne s’agit pas seulement des défis extérieurs, mais aussi de la nécessité constante de surveiller sa glycémie, d’adapter ses habitudes et de garder le contrôle alors que tout semble imprévisible autour de soi.
Le poids émotionnel et physique peut s'accumuler rapidement, au point que même les tâches quotidiennes les plus simples peuvent sembler insurmontables. Vivre avec le diabète dans de telles conditions exige une patience, une vigilance et une résilience accrues. C'est un exercice d'équilibre permanent entre prendre soin de sa santé et gérer tout ce qui se passe autour de soi. Partager cette expérience est important, car cela met en lumière les défis invisibles auxquels de nombreuses personnes sont confrontées et rappelle aux autres qu'elles ne sont pas seules.
Vivre avec letype 1 dest déjà une responsabilité permanente.en période de crise, cela devient encore plus difficile. Pendant la période instabilité qui règne actuellement au Liban, la gestion de ma maladie mn'a plus n'est une simple question de routine, c' il s'agit une question d’adaptation à l’incertitude. L’accès à l’insuline, son stockage adéquat, une surveillance régulière et le maintien la stabilitéfontdes préoccupations quotidiennes. Parallèlement, le stress et la peur ont directement sur mon taux de glycémie, le rendant plus difficile à contrôler malgré mes efforts.cette expérience m'a montrém mque le diabète ne s'arrête pas pendant les crises, il nécessite des soins constants, même lorsque tout le reste est instable. Je suis profondément reconnaissante envers Chronic Care Center fpour leur soutien indéfectible et pour ne jamais avoir cessé de prendre soin des personnes atteintes de diabète, quelles que soient les circonstances. En partageant mon histoire, j’espère mettre en lumière le besoin urgent d’inclure les personnes atteintes de diabète dans les plans d’intervention d’urgence. L’accès aux médicaments, aux soins et au soutien n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Ressources destinées à aider les personnes atteintes de diabète en cas de catastrophe
FID Manuel WPR sur les soins aux diabétiques et les catastrophes 2ème édition 2022
Plan de préparation des patients du DDRC
Guide de substitution des produits à base d'insuline DDRC
Mesures à prendre en cas de catastrophe pour les personnes diabétiques et leurs familles